Chapelle de la Lorette

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L’expertise de André Bozec

LA CHAPELLE DE LA LORETTE.

Cette chapelle assez récente fait la suite d’une autre chapelle plus ancienne qui se trouvait plus bas au bord de la voie ferrée à Meil Steïr. Elle fut à la base de la reprise d’intérêts des habitants de Plogonnec pour leurs nombreuses chapelles durant le troisième quart du XXe siècle. Au-delà de l’édifice lui-même nous avons ici une belle illustration du dynamisme d’une trêve de la paroisse.

1° L’extérieur de la chapelle de la Lorette.

C’est un édifice régulier de style néogothique en forme de croix latine, bâti en 1872 sur les plans de Joseph Bigot. Elle a remplacé une petite chapelle du XVIIe siècle qui se situait plus bas au bord de la rivière du Steïr Pen Odet, à Meil Steïr. Elle y avait été construite par un seigneur de Rubian qui avait manqué de se noyer en traversant la rivière en cet endroit. Le terrain du « leurguer » de la chapelle, sauf une bande dans le fond est, est une vente de la famille Bozec qui à l’époque résidait à la ferme voisine de Kerivoal.

Le chevet de la chapelle est plat, ce qui a permis un heureux placement de la sacristie. Les murs sont couverts de ciment, à l’exception des pierres d’angles. Le clocher élancé, à pinacles et gâbles aveugles renforce l’impression de hauteur du bâtiment et reprend bien les proportions en usage dans les clochers du même style réalisé bien antérieurement au XVIIIe siècle.

2° L’intérieur de la chapelle de la Lorette.

L’intérieur de la chapelle est entièrement enduit de ciment à l’exception des entablements et de la sablière qui reprend ça et là des éléments de celle de l’ancienne chapelle, avec entre autre la scène insolite du renard qui boit dans un pot en face d’un chat et autrement celle d’un petit requin qui souffle dans l’arrière train d’un griffon !

Trois socles de statue situés dans le cœur semblent de par leur facture être issus de l’ancienne chapelle. Le croisillon du sud du transept conserve quelques ex-voto. Les statues anciennes du XVIIe sont celles de Saint Michel, de Saint Gabriel, et de Notre-Dame de Lorette qui est ici réellement habillée et qui porte en plus une tiare. La petite statue de Saint Jean est aussi du XVIIe siècle. L’on trouve aussi deux statues d’évêques du XVIIIe siècle en bois polychrome et d’allure assez fine. Il s’agit de Saint Eugène et de Saint Cadou. La maîtresse vitre est une œuvre de 1946 de l’atelier du maître-verrier Le Bihan-Saluden, sur un carton de A. Noël, avec la collaboration d’Y. Dehais et P. Toulhoat, et en suite restaurée par Alain Gall, de Guengat, en 1975 et 1976.

Durant la seconde guerre mondiale la sacristie de la chapelle a accueilli des résistants de divers maquis et réseau du secteur.

Depuis le début des années 1970 jusqu’à l’année 2000, une association du quartier de la Lorette a largement contribué à la remise en état des lieux et du placitre. Presque tout le bâtiment a été revu ou restauré avec bon goût. Le placitre a été replanté et ré-agencé, sous la direction de Monsieur Rose, jardinier en chef de la Ville de Quimper, et habitant du quartier.

Le pardon costumé du mois de mai rassemblait agréablement ferveur religieuse et plaisirs de la fête dans une ambiance bonne enfant, propice aux échanges entre habitants de vieille souche et les nouveaux venus des lotissements construits plus récemment dans le secteur. De nouvelles considérations religieuses du moment ont mis fin à cet événement local.

3°) La fontaine de la Lorette.

La fontaine de dédicace se trouve en contrebas sur le territoire de Kerfeunteun, à gauche en remontant le Steïr Penn Odet, juste avant le premier bief après le moulin de la Lorette (Mel Steïr). Il n’y a pas de monument.

4°) La pierre ovoïde de jeu.

L’on trouve au nord de la chapelle une pierre ovoïde d’une longueur de 60 centimètres, d’une largeur de 46 centimètres, et de 30 centimètres de hauteur. C’est une pierre de jeu de levé de pierre par dessus l’épaule du lutteur. Cette pierre comporte l’inscription suivante « CCLXX », soit le nombre latin de 270 qui peut correspondre à son poids en livres, soit 140 kilogrammes. Les jours de grand pardon il se trouve encore quelque volontaire pour essayer de la lever.

La pierre ovoïde de jeu

Le pardon de la Lorette se célèbre le dernier dimanche de mai.

André Bozec